Plan de Gestion des Milieux Aquatiques

Le Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et de Gestion des ressources piscicoles (PDPG) en vigueur a été finalisé en 2005 sur la base des données existantes à l’époque et celles recueillies par le partenariat entre l’équipe du Conseil Supérieur de la Pêche (nouvellement Office Français de la Biodiversité – OFB) et les techniciens de la Fédération.

1.Qu'est ce que le PDPG?

Le premier Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et la Gestion des ressources piscicoles (PDPG) a été finalisé en 2005 (JOURDAN).

Le PDPG est un document technique qui caractérise l’état écologique des cours d’eau du département au travers de la qualité des peuplements piscicoles et propose des orientations de gestion/ restauration des milieux aquatiques. Il s’agit donc d’un véritable Plan de Gestion avec 2 objectifs :

  • Protéger l’existant et ne pas dégrader davantage les contextes piscicoles
  • Améliorer l’état des contextes piscicoles par des actions de restauration des milieux et de gestion durable et connexe de la faune piscicole

Évidemment, de manière concomitante, un autre objectif implicite est aussi de pouvoir satisfaire nos pêcheurs pour la pratique durable de leur passion. Il existe un lien vertueux entre l’état du milieu aquatique (Biotope) et l’état des peuplements piscicoles (Biocénose), le premier conditionnant l’état du 2ème et inversement. L’état du peuplement est représentatif de l’état du milieu. À ce titre, le peuplement piscicole est une composante majeure de l’état « écologique » des cours d’eau et est, à ce jour, un des indicateurs les plus pertinents de la fonctionnalité écologique des milieux aquatiques.

La mise à jour du PDPG a été initiée fin 2015 ; 10 ans après la première mouture, et s’inscrit dans un contexte réglementaire différent. De plus, la professionnalisation des fédérations a permis d’accumuler depuis 2008 une quantité conséquente de données scientifiques sur les peuplements piscicoles et l’état de leurs milieux, signifiant une connaissance plus fine que lors du PDPG de 2005.

Si l’objectif premier du PDPG et sa finalité demeurent exactement les mêmes que pour la version de 2005, la méthodologie appliquée change radicalement notamment en ce qui concerne l’évaluation de l’état des contextes. Cela ne nous a donc pas permis de réaliser une mise à jour du PDPG de 2005, mais bien une reprise complète de ce document.

Le PDPG 2.0 est finalement constitué d’un ensemble de documents mis à disposition de tout un chacun (qu’il soit pêcheur, élu des SAPL, gestionnaire d’espace naturel dont les cours d’eau, salarié d’un service public de l’état, ou encore d’une structure œuvrant dans la préservation des espèces et de leurs milieux…) permettant d’y retrouver des informations sur l’état des cours d’eau et des peuplements piscicoles du département du Nord.

La finalité ultime du PDPG étant de voir l’état des contextes s’améliorer, il nous semble important de rappeler que ce document n’est pas une fin en soi, mais en quelque sorte, une feuille de route pour les gestionnaires (dont la fédération) pour prioriser ou hiérarchiser les opérations de restauration qui devraient avoir un impact écologique positif pour nos cours d’eau à plus ou moins court terme. À cet effet et fort du travail effectué et sur la base de ce document technique, la Fédération peut à présent élaborer sa propre stratégie politique en interne vis-à-vis des propositions d’actions milieu du PDPG (financements, maîtrise d’ouvrage, appui technique…)

2.Documents de synthèse

Une synthèse à l’échelle du département a également été rédigée, présentant les contextes dans leur fonctionnalité, les grands facteurs limitants et leur poids respectifs, les propositions d’actions regroupées par thème, les modalités de gestion…

Le PDPG 2.0 s’articule autour de 29 contextes cours d’eau (contre 16 en 2005) qui ont été retenus dont les 2/3 concernent les affluents rive droite de l’Escaut et de la Sambre, soit à l’est de l’axe Valenciennes-Cambrai.

Aucun contexte n’est considéré comme conforme (Seul le contexte Hante pourrait dans un avenir proche parvenir à cet état). 17% sont considérés comme peu perturbés, tous situés dans la partie aval du bassin de la Sambre (Nord Avesnois), 31% perturbés (En grande majorité les affluents rive droite de l’Escaut) et 38% très perturbés (Concerne globalement les contextes intégrant des cours d’eau canalisés). Enfin 14% sont classés dégradés (La Marque, l’Erclin, la rivière Sambre et la Flamenne).

Le rapport bilan technique de la mise en œuvre du PDPG de 2005 (KLEINPRINTZ & PREVOST, 2022) revient sur les opérations de restauration menées en réponse aux préconisations faites dans le précédent PDPG de 2005.

   Le fichier permet d’afficher plusieurs cartes et contient les données SIG des contextes.

3.Fiches contexte détaillées

Une présentation synthétique sous forme de « fiche contexte » a été rédigée. En complément une présentation des contextes avec l’historique de la gestion menée (piscicoles et travaux effectués) les 15 dernières années permet de mettre en évidence les évolutions, les dynamiques locales et vers quelle tendance évolue le contexte. Annexé à cette fiche contexte différents éléments sont présentés (listage des inventaires piscicoles, frayères, aire de répartition des espèces piscicoles…)

Le PDPG est un document « vivant », car l’état des contextes et le contenu des fiches évoluera en fonction de la connaissance acquise, des éventuels travaux de restauration menés, des nouvelles modalités de gestion piscicole apportées mais malheureusement aussi en fonction des nouveaux impacts sur les cours d’eau que ce soient des pollutions ou des travaux ayant un impact sur le milieu. Pour ce faire, les fiches contextes étant volontairement séparées, une mise à jour régulière des informations sera prévue régulièrement pour avoir une fraicheur dans la donnée.

4.Fiches de synthèse

Des fiches synthétiques « L’essentiel » ont été rédigées sur un format très condensé de 4 pages. Le lecteur souhaitant plus de détail pourra s’orienter vers les fiches contextes correspondantes.

Secteur Avesnes

Secteur Cambrai

Secteur Valenciennes-Douai

Secteur Lille

Secteur Dunkerque

5.Une diversité de cours d’eau et peuplement piscicole

Découvrez, au travers de notre atlas et de notre poster, la population piscicole du Département du Nord.

Le département du Nord, du fait de sa diversité climatique et géologique, présente une large diversité de typologie de cours d’eau, entre les petits cours d’eau salmonicoles de l’est du département, les cours d’eau intermédiaires de plus grand gabarit et les cours d’eau cyprinicoles. Le Nord est en contact direct avec la Mer du Nord dans la région de Dunkerque, toutefois seule l’Aa voit son embouchure à la mer dans le département.   Le nord de la France est aussi la région la plus riche en voies navigables du fait de sa situation géographique entre le Bassin parisien et les grands ports de Belgique et des Pays-Bas. La grande majorité des cours d’eau de la zone à Barbeau et à brème sont aujourd’hui canalisés, avec une modification drastique de la morphologie de ces derniers et de leurs fonctionnements hydrauliques. Les cours d’eau canalisés sont par ailleurs complétés par des canaux artificiels, permettant une liaison entre plusieurs bassins voisins (Canal de Neufossé et d’Aire à la Bassée, Canal de dérivation de la Scarpe, Canal de la Sensée, Canal du Nord, Canal de Saint Quentin, Canal de Condé-Pommereuil, Canal de la Sambre à l’Oise).

Mais le département du Nord compte aussi de nombreuses rivières facilement navigables et propices à la plaisance, comme la Lys, l’Escaut à petit gabarit ou encore la Sambre avec une réouverture à la navigation de plaisance en 2021.

Le département du Nord comprend également une bonne diversité en milieux aquatiques, dans les plaines alluviales des cours d’eau, que ce soient des marais (Sambre, Sensée, Scarpe notamment), des annexes alluviales, des plans d’eau d’origine diverses (Petits plans d’eau privés creusés, Mares de huttes, plans d’eau issus de l’extraction de la tourbe (plans d’eau de la vallée de la Sensée), plans d’eau suites à des effondrement miniers (Mare à Goriaux par exemple). Un seul plan d’eau de barrage existe dans le département du Nord et concerne le lac du ValJoly situé sur le lit mineur de l’Helpe majeure à l’est du département.

Le département est également concerné par une zone de polder, avec des terres gagnées sur la mer dans l’ancien delta historique de l’Aa. Le fonctionnement hydraulique y est particulièrement artificialisé, avec une multitude de pompes de relevage et d’ouvrages à la mer nécessaires au drainage continu de ce territoire et la lutte permanente contre la submersion marine.

A: Embouchure du fleuve Aa, B: Watergang et vis sans fin dans les polders du delta de l’Aa, C: Fleuve Yser, D: Escaut canalisé à grand gabarit, E: Sambre canalisée, F: Helpe mineure, G: Ruisseau de Saint Georges, H: Tête de bassin du ruisseau des Anorelles

Cette diversité de milieu va permettre à la biodiversité aquatique et en particulier piscicole de s’exprimer en fonction des exigences bio-écologiques propres à chaque espèce. Des cortèges d’espèces vont se succéder progressivement selon un gradient s’étalant des sources fraiches (Contextes salmonicoles) aux grands cours d’eau de plaine (Contextes cyprinicoles) en passant par les contextes intermédiaires (dont les dignes représentants sont les 2 Helpe dans notre département).

Avec 40 espèces de poissons et écrevisses autochtones (dont 6 espèces migratrices amphihalines), le département du Nord est particulièrement diversifié en espèces. À ces espèces il faut rajouter 12 espèces de poissons et écrevisses non autochtones considérées comme non représentées dans les eaux douces de France (Cas du Gobie à tâche noire) ou exotiques envahissantes (Perche soleil, poisson chat…)

La connaissance piscicole compilée dans une base de données permet entre autres d’établir régulièrement des Atlas de répartition des espèces.