Gestion et restauration

La Fédération s’est depuis longtemps mobilisée autour de la restauration de nos milieux aquatiques, canaux, étangs et rivières. La région des Hauts-de-France abrite une densité de milieux aquatiques remarquables, les cours d’eau, les marais, les zones humides et les étangs sont d’autant d’éléments favorables au développement de la biodiversité. 

Depuis de nombreuses années La Fédération a conventionné avec l’Agence de l’Eau Artois Picardie et le Conseil Régional des Hauts-de-FranceL’objectif de cette convention est d’animer et porter des actions de restauration des milieux aquatiques de maniére à améliorer les habitats piscicoles. Chaque année, la fédération accompagne les maitres d’ouvrage locaux et réalise des études et travaux visant la recréation de zones de reproduction pour les poissons, la recréation d’habitats favorables à la croissance des poissons. Une attention particuliére est également apportée sur l’accessibilité des poissons à ces zones vitales en favorisant la continuité écologique de maniére à ce que les poissons puissent migrer sur les zones de reproduction. 

Plan départementalPlan de gestion piscicoleTravaux spécifiquesSuivi écologique

1. Le Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et de Gestion des ressources piscicoles

Le Plan Départemental pour la Protection du milieu aquatique et de Gestion des ressources piscicoles (PDPG) en vigueur a été finalisé en 2005 sur la base des données existantes à l’époque et celles recueillies par le partenariat entre l’équipe du Conseil Supérieur de la Pêche (nouvellement Office Français de la Biodiversité – OFB) et les techniciens de la Fédération.

Ce document a permis, entre autres, la réalisation de projets de restauration des milieux aquatiques, de mettre en œuvre plusieurs Plans de Gestion Piscicole (PGP) d’AAPPMA mais également d’affiner la connaissance biologique autour principalement des 2 espèces repères que sont le brochet et la truite fario. L’objectif visé était :

  1. de protéger l’existant et de ne pas dégrader d’avantage les contextes piscicoles
  2. d’améliorer l’état des contextes par des actions de restauration des milieux et de gestion durable et connexe de la ressource piscicole.

En parallèle les missions de connaissance sont venues parfaire nos données biologiques pour affiner le diagnostic initial mais aussi pour suivre les évolutions (positives ou négatives). En externe, le PDPG se devait d’être une référence technique incontournable en matière de gestion piscicole en étant pour tout ou partie intégré dans différents documents cadres (SDAGE, SAGEs, PLAGEPOMI,…) ou encore dans des documents de planification opérationnels tels que les plans décennaux d’entretien et de restauration des différents EPCI.
Quinze ans plus tard, il nous a paru opportun et nécessaire de réactualiser ce document car le cadre législatif et réglementaire a évolué, une nouvelle méthodologie nationale existe et la connaissance des milieux et des espèces est plus étayée.

Lancée fin 2015, la conception du dossier est en cours et les premières phases d’expertises ont été réalisées sur la base de l’exploitation des données piscicoles existantes et compilées dans notre base de données ACCESS. En effet, plusieurs années ont été nécessaires pour compiler les données, les analyser et expertiser ainsi que pour rédiger le document opérationnel reprenant :

  • la méthodologie
  • sur chaque contexte, les principaux éléments du diagnostic, les facteurs limitants, les actions proposées et hiérarchisées, le type de gestion préconisé.

Une présentation synthétique sous forme de « fiche contexte » est en cours de rédaction. En complément une présentation des contextes avec l’historique de la gestion menée (piscicoles et travaux effectués) les 15 dernières années permet de mettre en évidence les évolutions, les dynamiques locales et vers quelle tendance évolue le contexte. Annexé à cette fiche contexte différents éléments sont présentés (listing des inventaires piscicoles, frayères, aire de répartition des espèces piscicoles…)

Une synthèse à l’échelle du département a également prévue, présentant les contextes dans leur fonctionnalité, les grands facteurs limitants et leur poids respectifs, les propositions d’actions regroupées par thème, les modalités de gestion… L’ensemble du travail effectué et sur la base de ce document technique, la Fédération pourra élaborer sa propre stratégie politique en interne vis-à-vis des propositions d’actions milieu du PDPG (financements, maîtrise d’ouvrage, appui technique…)

2. Plan de gestion piscicole

D’après l’article L. 430-1du Code de l’Environnement : “La préservation des milieux aquatiques et la protection du patrimoine piscicole sont d’intérêt général. La protection du patrimoine piscicole implique une gestion équilibrée des ressources piscicoles dont la pêche, activité à caractère social et économique, constitue le principal élément.” L’exercice d’un droit de pêche emporte obligation de gestion des ressources piscicoles. Celle-ci comporte l’établissement d’un plan de gestion » (Article L. 433-3 du Code de l’Environnement).
Aussi la Fédération et les AAPPMA doivent mettre en place un Plan de Gestion Piscicole dès lors qu’elles possèdent un droit de pêche.

L ’objectif d’un PGP est le développement du loisir pêche à travers la protection et la restauration du milieu aquatique ainsi que la gestion durable de la ressource piscicole, économique, constitue le principal élément.
Les plans de gestion piscicole s’appuient sur les connaissances et pratiques des AAPPMA ainsi que sur les diagnostics complémentaires de terrain réalisés par la Fédération et les AAPPMA. Ce document est mis en place en complément d’actions d’entretien et/ou de restauration programmées sur le contexte.

3. Travaux spécifiques

Les travaux engagés portent principalement sur la restauration des continuités écologiques. Lorsque les obstacles n’ont plus d’intérêt patrimonial ou hydraulique, la priorité est donnée aux effacements d’ouvrages avec des projets qui s’inspirent des modèles naturels afin de laisser la rivière exprimer sa dynamique et de recréer de nouveaux espaces de transition entre milieux terrestres et aquatiques. En effet la logique d’intervention doit permettre de restaurer des zones favorables à la reproduction et de garantir l’accés à ces zones par les poissons. 

 

3.1 La restauration de la continuité écologique 

Pour rendre aux poissons des portions de cours d’eau qui étaient inaccessibles auparavant et pour améliorer la qualité des rivières, les Structures Associatives de la Pêche de Loisir vont à la rencontre de propriétaires d’ouvrages. L’objectif est d’échanger et de mettre en place des partenariats pour apporter des solutions aux difficultés observées. La vétusté de certains ouvrages, les coûts d’entretien ou tout simplement par volonté d’agir afin d’améliorer les cours d’eau, il est proposé divers scénarios. Que ce soit une simple échancrure, la destruction complète de l’ouvrage ou quand cela est impossible, la mise en place d’un système de passe à poissons, les fédérations de pêche accompagnent et s’associent aux autres acteurs des milieux aquatiques afin de préserver les populations piscicoles. Ces actions sont menées avec l’accord des propriétaires. 

Restauration sur la Hante

3.2 La restauration de la forme des cours d’eau 

Afin qu’un cours d’eau retrouve un fonctionnement naturel, les Fédérations de Pêche proposent, quand cela est possible, la réduction de la largeur du cours d’eau qui avait été exagérément élargie et des techniques de reméandrage afin de redonner un aspect plus sinueux. Pour se faire, des méthodes de génie végétal sont employées. L’une d’entre elles consiste à réaliser une banquette composée de terre végétale et d’un mélange de graines. Cet aménagement réduit la largeur du cours d’eau et redonne une forme plus sinueuse avec accélération de la vitesse de l’eau.

En considérant à la fois l’aspect paysager et le fonctionnement du cours d’eau, ces aménagements très couteux lors de leur mise en place permettent des gains à la fois écologiques et économiques importants qui s’inscrivent dans le temps.

De nombreux cas ont montré qu’en reméandrant les cours d’eau, la diversité et la quantité des espèces avaient très nettement augmenté et ont permis parfois la réapparition d’espèces qui n’étaient plus présentes jusqu’alors.

Ce type de travaux nécessite une emprise foncière importante et ne peuvent pas toujours être réalisables. Sur nos petits cours d’eau, certaines perturbations peuvent être facilement traitées, c’est notamment le cas de la dégradation des berges par le piétinement du bétail. De nombreux projets ont été menés dans le département pour protéger ces berges et favoriser le développement de la ripisylve. Un retour d’expérience de la Fédération, ainsi qu’un cahier des charges type à destination des maitres d’ouvrage ont été rédigé.

 

Recueil d'expériencesCahier des charges

3.3 La création d’habitats 

Plus le milieu offre de zones d’habitats et de reproduction et plus les quantités de poissons seront importantes. Pour se faire, les structures associatives de la pêche de loisir réalisent de nombreuses actions afin d’améliorer les conditions d’accueils du milieu. La recharge granulométrique qui consiste en l’apport de gravier favorable à la reproduction de certaines espèces comme la Truite fario. Des zones de végétations sont également recréées pour permettre aux poissons de trouver des zones de refuges ou encore des supports pour pondre leurs œufs. Les fédérations de pêche s’engagent également dans la restauration ou la création de frayères à Brochets. Ces zones particulières nécessitent des attentions particulières du fait des besoins très spécifiques de cette espèce protégée. 

3.4 Travaux d’aménagement en faveur des pêcheurs 

La Fédération départementale expérimente une stratégie de développement, qui s’articule autour d’un premier axe : disposer d’un réseau de sites de pêche adaptés à la demande des différents publics, offrant les meilleures conditions de pêche possible. Pour cela, différents aménagements sont réalisés : linéaires de pêche accessibles aux personnes à mobilité réduite et sécurisés, pontons, zones de stationnement, descente de mise à l’eau…  

Ultime étape de l’aménagement des parcours, la mise en place de signalétique permet de bien informer les pêcheurs et le public, sur la pratique du loisir-pêche, la réglementation en vigueur mais aussi la découverte de la biodiversité faunistique et floristique, qu’elle soit aquatique ou terrestre.  

Certains parcours d’excellence sont labellisés, conformément au Schéma National de Développement du Loisir-Pêche : “Découverte”, “Famille”, “Passion”, comme l’étang Wagnier à Thivencelle.  

L’ensemble de ces projets peuvent voir le jour uniquement grâce à l’accompagnement financier de nos partenaires : le Conseil Départemental du Nord et la Fédération Nationale pour la Pêche en France et la protection du milieu aquatique.  

Les travaux menés consistent à améliorer la pratique halieutique par divers aménagements tels que création d’un ponton pour personne à mobilité réduite, cheminement aisé sur le pourtour de l’étang, panneau pédagogique ainsi que des panneaux d’information sur la pratique halieutique au niveau de chaque site.

Enfin dans le cadre des travaux de restauration des cours d’eau, notamment les travaux de protection rapprochée, nous prêtons une attention particulière à ce que l’accès des pêcheurs au cours d’eau soit maintenu, par l’intégration dans nos projets de passages pêcheurs ( voir recueil d’expériences )

4. Suivi écologique

L’occupation du sol dans le département du Nord et notamment dans l’Avesnois est fortement représentée par des prairies occupées pour l’élevage bovin. L’alimentation en eau du bétail s’effectue très souvent directement au sein même des cours d’eau. Le piétinement des bêtes est responsable de nombreuses atteintes aux cours d’eau en provoquant notamment :  

  • une érosion des berges ; 
  • une atteinte au lit de la rivière : pollution, élargissement du lit, colmatage, etc. ;
  • une dégradation de la qualité physico-chimique des eaux ainsi qu’une augmentation de la température pouvant être préjudiciable pour la faune aquatique.  

Depuis maintenant, une dizaine d’années, la Fédération met en place des clôtures et des systèmes d’abreuvement en retrait du cours d’eau. En 2019, ce sont plus de 3,5 kilomètres de berges qui ont été protégées. A cela s’ajoutent la réalisation de descentes aménagées.

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