Restauration écologique de La Hante à Bousignies-sur-Roc (59)

Sur la Hante, la continuité écologique était altérée par plusieurs ouvrages transversaux tel que celui qui servait à alimentait une ancienne scierie à Bousignies-sur-Roc (59). Aux vues de la vétusté, de la dangerosité et de l’enjeu écologique que présente cet ouvrage, la Fédération du Nord pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique avait pour projet de restaurer cet obstacle. Ces travaux ont eu pour objet de rendre l’ouvrage transparent tout en assurant une servitude de passage d’une rive à l’autre.

Restauration écologique : Contexte

La Hante (FRB2R60) est un cours d’eau franco-belge, classé en Liste 1 d’après l’article L.214-17 du Code de l’Environnement, dont l’espèce repère est la truite fario.

Aux vues de son potentiel écologique, la Fédération du Nord pour la Pêche et la protection du Milieu Aquatique souhaite préserver et restaurer écologiquement ce cours d’eau en menant des projets de renaturation et en particulier des projets de rétablissement de la continuité écologique. Les espèces piscicoles patrimoniales telles que la Lamproie de Planer, le Chabot, la Truite fario, ou bien encore l’Anguille, présentes au sein même de ce contexte, sont très sensibles à la présence d’obstacles à l’écoulement.

Le seuil implanté dans le lit de la rivière, composé d’un vannage, servait à alimentait une ancienne scierie. Il présente un impact négatif sur les habitats aquatiques et modifie fortement l’écoulement de l’eau et des sédiments. Il constitue un obstacle à la continuité écologique et est classé ROE n° 31 664.

Description des travaux de restauration

Au préalable des travaux, une pêche de sauvetage a été réalisée par la Fédération de Pêche du Nord au droit de l’ouvrage, et la végétation des berges a été traitée par l’entreprise (débroussaillage, abattage, dessouchage).

Le seuil de la scierie a été complètement arasé et le jambage comportant le vannage a été démonté. Le mur de pierre en rive droite, délimitant une propriété privée, ainsi que le pont sous-dimensionné situé 50m en aval ont également été démolis. Tous les éléments de démolition ont été concassés et mis en place dans la fosse de dissipation.

Le lit amont de la Hante a été recreusé sur la base d’un profil en V sur environ 80 ml, et rechargé en apport granulométrique afin de reconstituer un matelas alluvial. La suppression des merlons sur les berges en amont ont permis de retravailler les berges en pente plus douces. Le lit du cours d’eau en aval a été resserré par la mise en place d’une banquette végétalisée en rive droite. La ripisylve en aval, rive gauche, a été conservée du fait de son bon état.

Des protections de berge ont été mises en place pour éviter la descente de bétail dans le cours d’eau. Afin d’assurer le passage du bétail et des engins agricoles entre la rive droite et la rive gauche, les deux berges ont été retalutées de manière à créer un passage à gué.

Effets sur le milieu

Les travaux ont permis de rendre libre le transit piscicole et sédimentaire sur environ 1,2 km, de renaturer les berges, de constituer une végétation rivulaire de qualité et de reconstituer des habitats et des zones de reproduction favorables aux espèces piscicoles présentes.

Par ailleurs cette intervention permet également à l’espèce Anguille de rejoindre des zones de croissance, situées plus en amont.