Travaux de restauration écologique de la noue de Fontaine Notre Dame (59)

En 2013, la Fédération de pêche du Nord, à recenser dans le cadre d’une étude, les annexes alluviales du domaine public fluvial du département du Nord. Celles-ci ont été caractérisées d’un point de vue de leur fonctionnalité piscicole, et plusieurs actions de gestion/ restauration ont été proposées.

Restauration écologique : Contexte

Figure 1 : Localisation du contexte Hante, et du seuil du moulin du Cataya (Source : FD59)

Le site d’intervention se situe sur la commune de Fontaine Notre Dame (59) et plus précisément sur la noue du canal de Saint-Quentin, entre l’écluse de Cantigneul (en amont) et l’écluse de Proville (en aval). Le peuplement piscicole de référence est constitué du brochet (espèce repère) et de ses espèces d’accompagnement. Sur ce même contexte, le PDPG préconise de restaurer les zones de frayères pour le brochet. Cette mesure profite à l’espèce repère mais également à l’ensemble des espèces piscicoles du canal de Saint-Quentin.

L’ancienne darse construite durant la seconde guerre mondiale à Fontaine Notre Dame avait été identifiée comme intéressante à aménager pour augmenter la surface de la zone humide existante. Le canal de Saint Quentin est un canal artificiel construit au 19ème siècle pour favoriser et augmenter le transport vers le Bassin parisien de produits sidérurgiques du Valenciennois, de ressources céréalières du Cambrésis puis en charbon en provenance d’Anzin. De fait ce canal présente très peu de zones humides latérales, favorables à la reproduction du Brochet, et une variation de niveau d’eau quasi nulle. De fait il a été étudié la possibilité de recréer une zone humide à partir de la darse.

Cet ancien terrain de dépôt non utilisé par les Voies Navigables de France, a fait l’objet d’une convention de gestion écologique avec la Fédération de Pêche du Nord. Une deuxième convention a été signée entre le groupement forestier de la Folie représenté par Mr Defrancqueville, le propriétaire voisin et la Fédération de pêche.

Description des travaux de restauration

Les travaux ont débuté le lundi 05 septembre 2022. Initialement prévu à l’automne 2021, le projet a dû être décalé d’un an en raison de conditions météorologiques défavorables.

Par un déboisement et un terrassement, le projet permettrait alors de créer une zone en eau totale de 4308m² de manière à la rendre inondable. Les travaux projetés ont donc pour objectif de transformer le site actuel en une annexe alluviale à haute valeur environnementale, proposant notamment des habitats et des zones de reproduction favorables aux espèces piscicoles présentes sur le canal de Saint-Quentin. Le projet prévoit un terrassement total sur 9900m² avec un déblai de 3190m3, pour 2500m³ de remblais. Le tracé du cours d’eau dévié et de sa restauration hydromorphologique sera de 126ml.

 

Une pêche de sauvetage a été réalisée sur l’intégralité du linéaire de l’ancien lit (190ml) le lundi 12 septembre. Au regard de la disponibilité en habitat (grande hauteur de vase et faible hauteur d’eau) peu d’individus ont été capturés. Les espèces capturées étant Chabot, Epinoche, Tanche, Gardon, Perche (1 individu), Brochet (1 individu d’une cinquantaine de centimètre). Certains individus  ont été remis dans le cours d’eau à l’aval de la zone concernée par les travaux, d’autres dans le canal de Saint Quentin. La pêche de sauvetage a été correctement réalisée, tous les individus visibles ont pu être capturés.

Figure 3 : Pêche de sauvetage sur Fontaine Notre Dame avant travaux

Le profilage de la zone humide a été initié, avec un début de terrassement de la cuvette entre les terres situées anciennement entre la darse et l’ancien lit et les jalons au sud de la zone. Le nouveau lit a été terrassé conformément aux plans établis par notre bureau d’étude. Toutefois, il s’avère que ces plans sont conformes à l’état du cours d’eau actuel, notamment en ce qui concerne la largeur du lit mineur, mais le profil en travers n’est pas du tout adapté car impose au cours d’eau un caractère extrêmement lentique, favorisant une sédimentation très rapide du fond du lit. Un essai de profil plus étroit a été réalisé à l’amont dans l’ancien bras existant, et les caractéristiques de débit sont clairement plus intéressantes. Il a été convenu de retravailler le profil en travers à l’aval en ramenant de l’argile pour créer une sorte de risberme en pied de berge pour augmenter le débit et limiter la sédimentation. Des éléments ligneux ont ensuite été disposés dans le cours d’eau pour diversifier les habitats et les écoulements. À partir de cette étape, la granulométrie de fond a été déposée de manière à

(1)      stabiliser le fond du lit (2) favoriser encore plus les écoulements lotiques (3) limiter le dépôt de sédiment sur cette granulométrie qui servira directement d’habitat de reproduction pour certaines espèces notamment le chabot présent.

Conclusion

Ce projet de restauration écologique, mené par la Fédération du Nord pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique, sera favorable au développement de la flore et de la faune particulièrement pour les poissons, amphibiens et les invertébrés aquatiques.

Les travaux, qui ont duré 3 semaines, ont été réalisés par l’entreprise Forêts et Paysages pour un coût total de 54 285 euros TTC.

Nos partenaires techniques et financiers :

Agence de l’Eau Artois-Picardie : 70 %

La Région Hauts-de-France : 30 %

Figure 2 : Réunion de chantier Fontaine Notre Dame (Source : FD59)