Études

La gestion des milieux aquatiques et des ressources piscicoles associées passent par une étape indispensable qui est la connaissance initiale de nos poissons et la compréhension des exigences biologiques pour chacune des espèces.

La fédération et ses équipes inscrivent donc leur travail dans ce préalable indispensable qui consiste à connaître pour mieux gérer, connaissance qui consiste à analyser et étudier les données sans laisser de place aux idées reçues.

1. Études spécifiques

Dans le cadre de démarches de programmation concertée (contrats de rivières, études globales…), la Fédération peut se voir confier la conduire des études plus approfondies et exhaustives sur certains bassins versants. Ces études ont pour objectif d’orienter les programmes vers une meilleure prise en compte des espèces et de leur milieu. Il en découle la définition d’actions en faveur de la restauration des milieux que s’efforcent ensuite à mettre en œuvre l’ensemble des acteurs de l’eau, dont les AAPPMA désireuses de s’investir dans la réhabilitation de leurs parcours.

Régulièrement, l’administration et divers organismes et institutions font appel à la technicité de la Fédération pour suivre ou donner un avis sur différents dossiers règlementaires ou de politique générale relatifs à l’aménagement de cours d’eau (dossiers de Loi sur l’eau, définition de mesures compensatoires, schémas directeurs…).

L’occasion est alors donnée à la Fédération d’être force de proposition pour faire prévaloir au maximum l’intérêt des milieux aquatiques et par conséquent, celui des pêcheurs, sur la base de toute ses connaissances acquises sur les milieux.

2. Études NO-KILL

En France, la gestion des ressources piscicoles a été confiée aux collectivités piscicoles. Cette gestion des ressources piscicoles passe par la connaissance des cours d’eau, étangs et canaux grâce aux inventaires piscicoles réalisés par le pôle technique. Les inventaires piscicoles peuvent nous donner une idée précise du peuplement, mais sans forcément avoir la possibilité de conclure sur l’état de ce peuplement. Pour ces raisons, la notion de stock par espèces est difficile à évaluer pour ne pas dire impossible. Quand bien même nous pouvons considérer la pression de pêche comme faiblement impactante par rapport aux autres perturbations et pollutions, nous devons rester vigilants sur cette gestion des ressources piscicoles.

En 2012, la Fédération avait déjà mis en œuvre une mesure de gestion sur la truite fario sur la rivière selle. Cette mesure de non-prélèvement a été suivie par un réseau d’inventaires et il s’avère que la truite fario recolonise naturellement la rivière de l’amont vers l’aval, les densités obtenues sont intéressantes et non rien à envier à certaines autres rivières renommées. Cette première de mesure de gestion efficace nous a encouragé à élargir le champ d’action.

A l’image de la protection de la truite fario sur certaines rivières de 1ère catégorie, la Fédération et des AAPPMA volontaires ont décidé de déposer une demande au Préfet visant à pratiquer un no-kill pour certaines espèces de poissons et sur certains sites du département du Nord. Suite à notre demande, un arrêté préfectoral a été mis en place sur les sites en question. L’arrêté reprend à la fois les noms de cours d’eau ou plans d’eau ainsi que les limites, les espèces concernées sur lesquelles s’appliqueront les règles. Sur ces sites, les espèces concernées devront obligatoirement être remises à l’eau de manière immédiate, vivantes et dans des conditions favorables à la survie. L’objectif de ces actions est de pouvoir protéger les populations piscicoles afin de redynamiser les stocks par l’amélioration des conditions de croissance et renforcer les potentialités de reproduction. Tout en faisant coïncider la pratique de la pêche avec la préservation d’espèces et de faire évoluer les pratiques et les mentalités des pêcheurs.

Douze AAPPMA du littoral à l’Avesnois ont été volontaires dans la mise en oeuvre de ce dispositif sur leurs lots de pêche. Nous les remercions grandement pour leur investissement dans la protection et la gestion des milieux aquatiques.

Voici les principaux éléments de cet arrêté :

  • Les sites NO-KILL et les espèces associées La remise à l’eau des espèces mentionnées est obligatoire, immédiate et doit être réalisée dans les meilleures conditions pour l’espèce afin de garantir sa survie.
  • Procédés et modes de pêche Sur ces sites, 4 lignes/pêcheur sont autorisées dont 2 max/pêcheur pour la capture des carnassiers. Particularité concernant l’étang Wagnier où 1 ligne/pêcheur est autorisée (étang destiné au float-tube)
  • Périodes de pêche La pratique de la pêche en NO-KILL sur ces sites est autorisée pendant la période d’ouverture de la pêche en 2ème catégorie conformément aux périodes indiquées par l’arrêté préfectoral réglementant la pratique de la pêche dans le département du Nord.

Comme toutes les mesures que nous mettons en place, un suivi scientifique est nécessaire afin d’évaluer l’efficacité de cette action. Ce suivi sera réalisé par la Fédération à travers différents outils, comme les inventaires par pêche électrique ou des concours carnassiers.

L’un des suivis phare de cette étude est la création d’un réseau de “Pêcheurs sentinelles”, aujourd’hui appelé « Fish Protect ». Nous avons lancé une campagne de “recrutement”, le 24 février 2020 sur notre page Facebook, tous pêcheur No-Kill dans le Nord. Directement attaché à la Fédération, les pêcheurs répondent à un questionnaire à chaque fin de partie de pêche (lieu de pêche, temps de pêche, espèces NO KILL capturées, tailles etc.) et nous font remonter les informations nécessaires à l’étude.

A ce jour, 125 pêcheurs sont inscrits et fournissent déjà des données ! Nous avons besoin de toutes les forces vives, pour faire avancer cette étude et défendre la pêche en no-kill !

Arrêté No-kill

3. Les poissons grand migrateur dans le Nord

Les poissons effectuent des déplacements, ou migrations, plus ou moins longs au cours de leurs vies pour accomplir leurs cycles biologiques. Certaines espèces appelées amphihalines effectuent une partie de leur cycle de vie en mer et une autre partie en eau douce. Parmi ces espèces amphihalines, certaines sont communément appelées poissons grands migrateurs comme le saumon ou l’anguille.

Parmi ces espèces, 7 sont concernées par le PLAGEPOMI :

  • Le saumon atlantique, Salmo salar ;
  • La truite de mer, Salmo trutta trutta ;
  • La grande alose, Alosa alosa ;
  • L’alose feinte, Alosa fallax ;
  • La lamproie marine, Petromyzon marinus ;
  • La lamproie fluviatile, Lampetra fluviatilis ;
  • L’anguille européenne, Anguilla anguilla;

D’après les dernières données obtenues (inventaires de l’Agence Française pour la Biodiversité, de la fédération de pêche du Nord 2017 et du PLAGEPOMI 2015-2020), 5 espèces ont une présence avérée dans le département : l’anguille (Anguilla anguilla), la lamproie marine (Petromyzon marinus) le saumon (Salmo salar), la lamproie fluviatile (Lampetra fluviatilis) et la Truite de mer (Salmo trutta trutta).

La Fédération réalise un suivi des espèces migratrices de notre département: l’anguille et la lamproie fluviatile.
En savoir plus

4. Études Brochet

Le brochet est une espèce ancestrale caractéristique du peuplement piscicole des cours d’eau de plaine. Le déclin des populations au sein du milieu naturel comparativement à son abondance passée nous alerte depuis plusieurs années : Le brochet est en régression dans nos cours d’eau. Cette situation a été constatée par Jourdan en 2005, dans le cadre du PDPG. Le brochet est l’espèce bio-indicatrice de la qualité de nos cours d’eau, et est dépendant de la disponibilité en habitat pour sa croissance et des zones humides alluviales pour sa reproduction. La biologie du brochet est fortement affectée dans le département du Nord par les déficits d’habitats liés à la canalisation des rivières et le dysfonctionnement des zones humides. Cette situation explique son classement parmi les 15 espèces de poissons d’eau douce menacés au titre d’espèce vulnérable en France.

Dans ce contexte, la Fédération a réalisé durant 3 ans avec le soutien financier de l’Agence de l’Eau Artois Picardie et de l’Europe (Fonds FEDER), une étude visant à améliorer les connaissances sur les populations, le cycle biologique et les habitats du brochet.
L’objectif de cette étude était d’apporter des éléments scientifiques permettant d’orienter le gestionnaire et la restauration des cours d’eau afin de mieux préserver cette espèce.
Lors de cette étude, 3 thématiques ont été étudiées :

1.1   Le comportement du brochet par radiopistage sur la Sambre

Le radiopistage nous a montré que les brochets marqués ont eu des comportements plutôt inattendus. Contrairement aux idées reçues, le brochet n’est pas sédentaire et effectue plusieurs migrations durant l’année, parfois en dehors de la période de reproduction. Cependant la     migration et l’accès aux frayères restent limiter par les obstacles à la continuité écologique. Vous verrez également que par la technique de radiopistage, nous avons pu mettre en évidence l’affinité du brochet pour les annexes alluviales, la ripisylve et la végétation aquatique.

La restauration de la continuité écologique longitudinale/transversale et la préservation de ces habitats (annexes, végétation, ripisylve) sont indispensables pour maintenir les populations de brochet.

Les rapports relatifs à l’étude comportementale du brochet sont disponibles sur demande auprès de la fédération.

1.2   L’inventaire des frayères à brochets et l’évaluation de leur fonctionnalité

L’inventaire a été réalisé sur 266 km de cours d’eau et a permis d’identifier 170 ha de surfaces de frayère potentielles. Malheureusement, seulement 3% (0,82 ha) des frayères suivies sont fonctionnelles.

La restauration de frayère à brochet est donc nécessaire pour assurer la reproduction du brochet dans nos cours d’eau et le maintien de cette espèce dans le département.
Les rapports relatifs au suivi des frayères sont disponibles sur demande auprès de la fédération.

  • Rapport du suivi des frayères à brochet sur les contextes Yser, Lys-Deûle-Marque (Lys Marque), Scarpe-Escaut (Elnon)  et Sambre-et-affluents ( Helpe Mineure) en 2012
  • Rapport des annexes cartographique du suivi des frayères à brochet en 2012
  • Rapport du suivi des frayères à brochet sur les contextes des Flandres, de l’Yser, Lys-Deûle-Marque (Lys et Marque), Scarpe-Escaut et Sambre-et-affluents (Sambre) en 2013-2014

1.3    L’évaluation du stock et la contribution du repeuplement fédéral dans le département du Nord

Le brochet reste présent sur tous les contextes piscicoles du département, néanmoins il n’a pas été échantillonné sur l’ensemble des cours d’eau et ses densités restent faibles. La contribution du repeuplement fédéral est aujourd’hui difficilement quantifiable.

Les rapports relatifs à l’évaluation du stock de brochet sont disponibles sur demande auprès de la fédération.

5. Le suivi des populations

Des pêches électriques sont réalisées chaque année pour connaître les quantités de poissons ainsi que les espèces présentes sur un cours d’eau. Le principe consiste à envoyer un courant électrique de faible ampérage dans l’eau afin de forcer les poissons à nager en direction de la zone de capture. Cette pratique, inoffensive lorsqu’elle est menée par des personnes habilitées, permet d’obtenir une image du peuplement piscicole.

Chaque poisson est alors mesuré puis pesé. Des statistiques sont réalisées afin de vérifier si la population se porte bien et d’avoir un aperçu de la reproduction de l’année. Saviez-vous que l’on peut connaître l’âge des poissons grâce à leur taille ? Il est enfin possible d’observer certaines lésions sur les poissons capturés annonciatrices de maladie et de notifier ces informations pour un suivi dans le temps.

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