Étude No-kill carnassiers du Nord

En France, la gestion des ressources piscicoles a été confiée aux collectivités piscicoles. Cette gestion des ressources piscicoles passe par la connaissance des cours d’eau, étangs et canaux grâce aux inventaires piscicoles réalisés par le pôle technique. Les inventaires piscicoles peuvent nous donner une idée précise du peuplement, mais sans forcément avoir la possibilité de conclure sur l’état de ce peuplement. Pour ces raisons, la notion de stock par espèces est difficile à évaluer pour ne pas dire impossible. Quand bien même nous pouvons considérer la pression de pêche comme faiblement impactante par rapport aux autres perturbations et pollutions, nous devons rester vigilants sur cette gestion des ressources piscicoles.

En 2012, la Fédération avait déjà mis en œuvre une mesure de gestion sur la truite fario sur la rivière selle. Cette mesure de non-prélèvement a été suivie par un réseau d’inventaires et il s’avère que la truite fario recolonise naturellement la rivière de l’amont vers l’aval, les densités obtenues sont intéressantes et non rien à envier à certaines autres rivières renommées. Cette première mesure de gestion nous a encouragé à élargir le champ d’action.

À l’image de la protection de la truite fario sur certaines rivières de 1ère catégorie, la Fédération et les AAPPMA volontaires dans la mise en œuvre de ce dispositif sur leurs lots de pêche, ont décidé de déposer une demande au Préfet visant à pratiquer un no-kill pour certaines espèces de poissons et sur certains sites du département du Nord. Suite à notre demande, un arrêté préfectoral a été mis en place sur les sites en question.

Quelle est la réglementation de l'arrêté No-kill ?

Afin de pouvoir protéger certaines populations piscicoles, redynamiser les stocks et renforcer les potentialités de reproduction naturelle, la Fédération et les 12 AAPPMA volontaires au dispositif ont sollicité l’administration pour la mise en œuvre d’un arrêté préfectoral spécifique pour la pratique de la pêche en «No-kill» sur certains secteurs du département. Un nouvel arrêté préfectoral est donc paru en 2019 afin d’encadrer cette nouvelle disposition, complètement expérimentale !

La remise à l’eau des espèces mentionnées sur l’arrêté est obligatoire, immédiate et doit être réalisée dans les meilleures conditions pour l’espèce afin de garantir sa survie. L’objectif de ces actions est de pouvoir protéger les populations piscicoles afin de redynamiser les stocks par l’amélioration des conditions de croissance et renforcer les potentialités de reproduction. Tout en faisant coïncider la pratique de la pêche avec la préservation d’espèces et de faire évoluer les pratiques et les mentalités des pêcheurs.

 

Voici les principaux éléments de cet arrêté :

  • Les sites NO-KILL et les espèces associées : La remise à l’eau des espèces mentionnées est obligatoire, immédiate et doit être réalisée dans les meilleures conditions pour l’espèce afin de garantir sa survie.
  • Procédés et modes de pêche : Sur ces sites, 4 lignes/pêcheur sont autorisées dont 2 max/pêcheur pour la capture des carnassiers. Particularité concernant l’étang Wagnier où 1 ligne/pêcheur est autorisée (étang destiné au float-tube)
  • Périodes de pêche : La pratique de la pêche en NO-KILL sur ces sites est autorisée pendant la période d’ouverture de la pêche en 2ème catégorie conformément aux périodes indiquées par l’arrêté préfectoral réglementant la pratique de la pêche dans le département du Nord.
Cartographie des parcours et sites de pêche no-kill carnassiers dans le département du Nord

Figure : Carte parcours No-kill carnassiers- Nord 

Adepte du No-kill ? Rejoignez le groupe "Fish Protect" !

Du fait de l’apparition de l’arrêté préfectoral du No-Kill, la Fédération de pêche du Nord souhaite mener une étude afin de vérifier l’efficacité de cette disposition.  Comme toutes les mesures que nous mettons en place, un suivi scientifique est nécessaire afin d’évaluer l’efficacité de cette action. Ce suivi sera réalisé par la Fédération à travers différents outils, comme les inventaires par pêche électrique ou des concours carnassiers. Mais l’action la plus importante à ce jour est la création d’un réseau de “Pêcheurs sentinelles”, aujourd’hui appelé « Fish Protect », lancé en 2020 sur notre page Facebook.

Affiche Fish Protect recrutement de pêcheur sentinelle pratiquant le no-kill carnassiers dans le Nord

Ainsi, chaque pêcheur sentinelle inscrit dans cette démarche, peut à travers un questionnaire en ligne, renseigner ses résultats de sortie de pêche (lieu de pêche, temps de pêche, espèces NO KILL capturées, tailles etc.) et nous faire remonter les informations nécessaires à l’étude. À ce jour, beaucoup de pêcheurs sont inscrits et fournissent déjà des données ! Mais nous avons besoin de toutes les forces vives, pour faire avancer cette étude et défendre la pêche en no-kill, nous recrutons donc en permanence !

La Fédération a besoin d’un certain nombre de pêcheur « No-kill » sur l’ensemble du département, appelés « pêcheurs sentinelles ». Il faut bien comprendre que cet arrêté est une expérimentation qui ne pourra évoluer qu’en fonction des résultats obtenus et pour cela, il nous faut des chiffres, des données en masse sur des sorties de pêche de pêcheurs sentinelles, sur site No-kill.

Vous êtes pêcheur de carnassiers dans le Nord et pratiquez le NO-KILL, vous pouvez participer à ce suivi en devenant «pêcheur sentinelle» ? Pour en savoir plus, vous pouvez rejoindre le groupe facebook «Fish Protect 59» créé par la Fédération ou vous inscrire directement ici.

Pêcheur mais aussi gardien de l’environnement, le pêcheur sentinelle a une double casquette. Il surveille, contrôle, informe et conseille. Il est un modèle qui fait vivre et respecter la réglementation dans sa spécialité.